Le Cuivré des marais résiste dans le nord-est de la Seine-et-Marne !

Le Cuivré des marais est un papillon typique des prairies humides, dont les chenilles se développent essentiellement sur les Rumex crispus et Rumex conglomeratus. En grand déclin, tout comme son habitat, il collectionne les indices de patrimonialité : protégé à l’échelle nationale, il figure sur l’Annexe 2 de la Directive Habitat Faune-Flore, et fait également partie des espèces de la Stratégie de Création des Aires Protégées (SCAP).

Photo : Thierry Roy

Dans le cadre de la SCAP, Natureparif a dressé un inventaire des observations connues de l’espèce au cours des années 2000 : seules 8 données semblent avoir été effectuées,  toutes en Seine-et-Marne (3 localités en Bassée, 1 en vallée de la Voulzie , 1 en vallée de l’Aubetin et 1 en vallée de la Marne). L’espèce a cependant été observée en 1993 dans les Yvelines, à Moisson.

Jusqu’à cette année, la dernière observation francilienne remontait à 2011. Mais le 20 juin 2015, Julien Bottinelli découvre l’espèce dans un reliquat de prairie humide à Saint-Léger, puis le 28 juin,  Thierry Roy trouve l’espèce dans une autre prairie à Bassevelle. Un peu plus au sud, Anthony Guérard tombe sur ce papillon à la Chapelle Moutils, dans des milieux prairiaux abritant également de l’Hermine, une espèce devenue très rare en Île-de-France. Le cuivré des marais y sera revu jusqu’en août, les deux générations se sont donc succédées sur le site.

Ces trois observations ont incité Thierry Roy à rechercher plus spécifiquement l’espèce en vallée du Petit Morin et alentours. Il découvre alors 7 nouvelles stations : une à Verdelot, deux à Villeneuve-sur-Bellot, une à Orly-sur-Morin, une à Saint-Ouen-sur-Morin, une à Jouarre et une à Sablonnière ! Plusieurs stations abritant 3 à 5 individus.

Ainsi, ce ne sont pas moins de 10 localités qui ont été découvertes dans le nord-est du département cette année. Dans le contexte d’études écologiques actuellement en cours sur la vallée du Petit Morin, ces nouveautés sont d’importance. Il conviendrait d’identifier correctement les pratiques (fauche, pâturage..) qui permettent le maintien de ces milieux attractifs à l’espèce. Ce qui est certain, c’est que la continuité écologique formée par le plus grand réseau de milieux prairiaux extensifs d’Île-de-France permet le maintien de cette espèce. 

Commentaires

Un document un peu vieux mais toujours pertinent concernant l'écologie et les mesures de gestion à préconiser : http://www.alsace.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Cuivre_des_marai... . L'Alsace a l'avantage de se situer à la même latitude que l'IdF ...