Des nouvelles des rapaces franciliens

L’été bat son plein et la reproduction des oiseaux également ! Si les oiseaux nichant au sol ont eu à subir les pluies diluviennes du mois de juin ayant causé la destruction d’une part sans doute importante des nichées, la météorologie plutôt clémente semble convenir à la reproduction des autres oiseaux, et des rapaces en particulier.

Qu’en est-il de nos rapaces les plus rares ?

Commençons par Balbuzard pêcheur, grand rapace inféodé aux milieux aquatiques, qui se nourrit de poissons. Un seul couple se reproduit en Île-de-France (depuis 2005, sur un Espace Naturel Sensible du marais de Fontenay-le-Vicomte, dans l’Essonne. Le jeune est né et actuellement ravitaillé par ses parents : nous nous dirigeons vers une troisième année consécutive de succès de la reproduction sur ce site. Le suivi est notamment effectué par le Département de l’Essonne.

Autre espèce dont on ne connaît qu’un couple nicheur en Île-de-France : le Circaète Jean-le-Blanc. Celui-ci préfère les serpents aux poissons. Suivi par Louis Albesa, surveillant bénévole de la mission rapaces de la LPO, le couple Bellifontain est également en train de nourrir un jeune au nid.

Louis Albesa a également suivi deux aires d’Autour des palombes en forêt de Fontainebleau, un rapace rare et discret dont il est difficile de démontrer la reproduction. Une dizaine de couples se reproduisent probablement dans la région. Les deux couples suivis cette année ont donné respectivement 3 et 2 jeunes à l’envol. 

Les Faucons pèlerins urbains d’Ivry, des Lilas, et de Beaugrenelle se sont encore reproduits avec succès cette année. Si les couples d’Ivry et des Lilas ont donné deux jeunes à l’envol, pas moins de quatre se sont envolés de l’aire située dans le nichoir disposé en haut de la tour de Cheminée parisienne de chauffage urbain de Beaugrenelle, que l’on peut voir ici grâce aux caméras installées dans le nichoir par la LPO. 

Les derniers jours ont occupé pleinement les ornithologues chargés de surveiller la nidification des Busards et de protéger les nids des moissons par la pose d’un grillage, en accord avec l’agriculteur. Parmi les associations qui s’impliquent dans ces missions essentielles à la préservation de ces espèces, la Pie Verte bio s’occupe du territoire sud seine-et-marnais. Joël Savry et les autres bénévoles de l’association ont ainsi repéré entre 40 et 50 nids de Busards sur ce secteur ce printemps, dont 11 nids de Busards cendrés. Ces derniers ont tous fait l’objet d’une protection et ce sont ainsi 34 poussins qui ont pu échapper à une mort certaine. Sept nids de Busards Saint-Martin (22 poussins) ont également été secourus. 

La surprise de l’année 2018 nous vient de la vallée du Loing, et plus précisément de l’Espace Naturel Sensible de la Plaine de Sorques. Un rapace très rare en France y séjourne depuis le mois d’avril : un Pygargue à queue blanche. Cette espèce nichait autrefois en France, et le retour exceptionnel de l’espèce parmi les oiseaux nicheurs de France s’est produit en Lorraine, où un couple se reproduit depuis 4 ans. Que penser alors de la présence de ce Pygargue en plaine de Sorques en période de reproduction ? Un éclaireur ? L’oiseau, immature, n’est pas encore en âge de se reproduire, et il lui manque évidemment un partenaire. Mais cela semble au moins indiquer que les zones humides franciliennes pourraient convenir à l’espèce, et que la protection et la gestion assurée par les services départementaux produit ses fruits. Le Pygargue était encore présent ce dimanche 8 juillet.

Pour finir avec les gros rapaces, il faut citer l’arrivée désormais presque annuelle de bandes de Vautours, venus des sites de reproduction du sud de la France, qui partent en exploration durant les mois de juin et juillet. Trois bandes ont été repérées cette année en Seine-et-Marne, sur les communes de Flagy, Jutigny et Mouroux. Une mention spéciale pour la bande de Flagy, qui ne comptait pas moins de 47 Vautours fauves et 1 Vautour moine, cette dernière espèce étant observée seulement pour la deuxième fois en Île-de-France !

Commentaires

Bizarre que vous n'en parliez pas.. Romain Huchin a observé un jeune la semaine dernière (nord seine et marne Grand-Voyeux (peut-être que votre article était déjà clôt.